Profiter de ce cours pour jouer plus en profondeur avec le petit programme Ibniz : "IBNIZ est un petit logiciel qui permet générer de l'image et du son en utilisant un langage de programmation dont les commandes se limitent à un seul caractère. L'esthétique, autant sonore que visuel, est celle du 8bit. "

J'ai choisi de laisser le coté visuel pour me concentrer sur le sonore. Le son que produit Ibniz me séduit particulièrement pour ses textures primitives évoquant à la fois des synthétiseurs presque anciens, simples, légeres, mais aussi des sonorités froides et peu agréable à écouter.

Mes objectifs en terme de bidouillage étaient de comprendre un peu mieux son langage et ne pas me restreindre à des caractères hasardeux. J'ai rapidement aussi convoqué Audacity pour l'analyse des sons - ça a été aussi l'occasion de poursuivre mon bout de chemin avec ce logiciel de traitement sonore -

Des sons harmonieux

Ibniz génère des sons en signaux dents de scie (il y a les signaux en carré, en triangle, sinusoïdaux, et en dents de scie). D'où le fait d'entendre ce son assez brut. Avec l'aide d'un ami, j'ai pu obtenir la formule magique sur Ibniz pour générer des signaux en sinusoides, ce qui donne un son beaucoup plus rond. Cette formule me permettait aussi de percevoir plus facilement des notes et d'en modifier la hauteur facilement.

La formule :

[fréquence en hertz exprimée en hexadécimale]* 3C/ s 1+ 2/

Par exemple pour obtenir un LA d'une fréquence de 220 hertz : On convertit 220 en hexa ce qui donne "DC" (http://sebastienguillon.com/test/javascript/convertisseur.html)

Il est possible d'ouvrir autant de fenetres que l'on veut et d'envoyer un gros paté sonore; j'ai testé de faire des harmoniques, des accords et tout autre superpositions expérimentales avec cette formule.

Etudes comparées

A l'écoute de ces tests, je remarquai des espèces de crash récurrents et réguliers. Je souhaitais étudier ça d'un peu plus près mais l'envie s'est vite dégonflée par d'autres expériences à faire. M'intéressant aux travaux de Ligeti sur les micropolyphonies, j'y ai trouvé dans ces superpositions une occasion de refaire en quelque sortes ces effets secondaires. La il s'agissait surtout d'écouter plus que d'analyser, je voulais y trouver "des formes mélodiques en degrés conjoints, enfouies dans la texture."

Autres tests

Je suis revenue sur Audacity pour autre chose. Je me suis enregistré avec mon alto en tenant des notes dans les graves, puis j'ai superposé le tout et j'entendais comme des textures numériques. Il y avait des sons tiers qui se dégageaient de mêmes pistes enreigstrées avec la hauteur modifiée légèrement. J'en suis restée là car je ne savais pas trop quoi faire avec, je garde ça en tête pour d'autres projets futurs. Pour bosser sur les perceptions entre acoustique et numérique par exemple. Suite à cela, Stéphanie m'a parlé des sons binauraux qui consistent en "un son apparent dont la perception apparaît dans le cerveau en raison d'un stimulus physique spécifique" en jouant sur les différences de fréquences. Après avoir généré sur Audacity ces sons mais n'ayant pas pu ressentir les effets prévus comme "une synchronisation des ondes cérébrales des deux hémisphères avec cette fréquence", je suis passée à autre chose.

Stéphanie m'a également parlé de Din is Noise qui fait aborder le son visuellement. J'ai passé peu de temps dessus, étant assez lente à m'imprégner de nouvelles interfaces et de savoir comment les utiliser, je n'ai pas fait de rapprochement avec mes tests sur ibniz et audacity.

Voilà

Au final je me suis beaucoup écarté de mes fantasmes de carrière dans le live coding à travers Ibniz. J'ai surtout en fait exploré des superpositions et écouté, plus ou moins longtemps des rendus expérimentaux, avec Audacity, avec dans un angle de ma tête les travaux de quelques compositeurs de musique contemporaine. J'ai vraiment beaucoup trainé et écouté plein de choses sans trop savoir que faire avec ça. Ce qui m'a particulièrement intéressé, et que je voudrais explorer pour la suite c'est le travail sur la forme des ondes sonores, les fréquences, les perceptions auditives, l'analogique et le numérique. Je continuerai à jouer avec Ibniz car les sons barbares qu'il produit restent captivant et les possibilités de sons sont infinies.